Quel taux peut-on obtenir pour un rachat de crédit ? Il n’existe pas de taux unique : le barème dépend du dossier, du type d’opération et de la durée
Quand on cherche « taux rachat de credit », la première difficulté est qu’il n’existe pas de taux universel applicable à tous les emprunteurs. Un regroupement de crédits est un nouveau financement : son prix dépend notamment de la nature des dettes reprises, du montant refinancé, de la durée choisie, de la stabilité des revenus, du niveau d’endettement après opération, de l’historique bancaire et, lorsqu’il y en a une, de la garantie proposée.
Il faut également distinguer le taux débiteur nominal du TAEG. Le premier mesure essentiellement le prix des intérêts. Le second sert à comparer le coût global du crédit en intégrant, selon les règles applicables, les frais nécessaires pour obtenir le financement ou les conditions annoncées. Deux offres affichant le même taux nominal peuvent donc avoir des TAEG différents.
Au 23 septembre 2026, les statistiques publiques donnent des repères sur le marché du crédit en général, mais elles ne constituent pas un barème de rachat de crédit. La Banque de France indiquait par exemple pour juillet 2026 un taux moyen de 3,30 % sur les nouveaux crédits à l’habitat hors renégociations et de 6,07 % sur les prêts amortissables à la consommation. Ces moyennes décrivent des productions de crédit ; elles ne préjugent pas du taux que recevra un dossier de regroupement.
La bonne question n’est donc pas seulement « quel est le taux ? », mais « quel est le TAEG, pour quelle durée, avec quels frais et quel coût total ? ». Pour tester l’effet de plusieurs durées avant de comparer une offre, consultez aussi notre guide de simulation de rachat de crédit.
Taux nominal et TAEG ne mesurent pas la même chose : pour comparer deux rachats de crédit, le TAEG est généralement le meilleur point de départ
Le taux nominal, parfois appelé taux débiteur, sert au calcul des intérêts. Il est utile, mais il ne raconte pas toute l’histoire. Une opération de rachat peut comporter des frais de dossier, une rémunération d’intermédiaire, une assurance exigée, des frais de garantie ou d’autres coûts nécessaires à l’obtention du crédit. Si vous comparez uniquement le taux nominal, vous risquez de sous-estimer l’écart réel entre deux propositions.
Bercy rappelle que le TAEG correspond au coût « tout compris » du crédit et qu’il permet de comparer les offres sur une base commune. Le TAEG est exprimé en pourcentage annuel du montant du crédit et doit apparaître dans les documents concernés.
Imaginez deux offres à 5,0 % nominal. La première facture peu de frais et n’exige pas de garantie coûteuse. La seconde ajoute frais de dossier, courtage et assurance obligatoire. Le taux nominal est identique, mais le TAEG de la seconde peut être sensiblement supérieur. C’est précisément ce que le TAEG cherche à rendre visible.
Pour une comparaison utile, relevez au minimum cinq chiffres sur chaque proposition : taux nominal, TAEG, mensualité, durée et montant total dû. Ajoutez les frais payés séparément s’ils ne sont pas financés. Ce tableau simple évite de choisir une offre sur un seul pourcentage mis en avant commercialement.
Le taux d’un rachat de crédit dépend autant de la structure de l’opération que du profil de l’emprunteur
Un prêteur ne tarifie pas de la même manière un regroupement de crédits à la consommation sur sept ans et une opération comprenant un crédit immobilier garanti sur quinze ou vingt ans. Le type de financement détermine la catégorie juridique, les risques, les garanties possibles et la durée de mobilisation des fonds. Ces éléments influencent directement la tarification.
Le profil de l’emprunteur compte également. Des revenus réguliers, un reste à vivre cohérent, une gestion bancaire stable et un endettement maîtrisé après opération peuvent faciliter l’étude. À l’inverse, des incidents récents, un découvert structurel, des rejets ou une forte dépendance à des revenus variables peuvent conduire à un refus ou à une tarification plus élevée. Un taux n’est donc jamais dissocié du risque évalué par le prêteur.
Le montant refinancé joue aussi un rôle. Dans le crédit à la consommation, les seuils utilisés pour le taux d’usure montrent d’ailleurs que le coût moyen varie selon la taille du prêt. La durée est tout aussi importante : plus elle s’allonge, plus l’incertitude et le coût cumulé des intérêts peuvent augmenter, même si la mensualité baisse.
Enfin, la présence d’une garantie immobilière peut changer la nature de l’opération. Elle peut sécuriser le prêteur, mais elle ajoute des coûts et engage un patrimoine. Un « meilleur taux » n’est donc intéressant que si le gain sur les intérêts compense les frais de garantie, de dossier, de courtage, d’assurance et, le cas échéant, les coûts liés au remboursement des anciens prêts.
Les taux moyens publiés par la Banque de France donnent un contexte de marché, mais ils ne sont pas des taux de rachat de crédit garantis
Pour situer une proposition, les statistiques de la Banque de France peuvent servir de thermomètre. Dans sa publication de septembre 2026 portant sur juillet, l’institution indiquait un taux moyen de 3,30 % pour les nouveaux crédits à l’habitat hors renégociations et de 6,07 % pour les prêts amortissables à la consommation, hors découverts et crédits renouvelables.
Ces chiffres doivent être maniés avec prudence. Ils concernent l’ensemble des crédits nouveaux de leurs catégories et utilisent une méthodologie statistique propre. Ils ne constituent ni un taux minimal, ni une offre commerciale, ni une moyenne spécifique aux opérations de regroupement. Un dossier de rachat peut être plus complexe qu’un prêt amortissable classique parce qu’il reprend plusieurs dettes, inclut des frais et peut modifier fortement la durée.
Leur intérêt est surtout de vous empêcher de raisonner avec des références anciennes. Un témoignage datant de 2022 ou 2024 avec un taux très bas ou très élevé n’est pas directement comparable à une offre reçue en septembre 2026. Les conditions de marché, les taux directeurs, les coûts de financement et l’appétit des banques pour le risque évoluent.
Vous pouvez consulter la publication Crédits aux particuliers – juillet 2026 pour replacer une offre dans son contexte, puis revenir aux chiffres contractuels de votre proposition. Le contrat reste la référence pour votre propre opération.
Le taux d’usure fixe un plafond légal au TAEG : il ne représente ni un bon taux ni le taux que vous devriez obtenir
Le taux d’usure est le taux maximal légal au-delà duquel un prêt ne peut pas être accordé. La Banque de France le calcule chaque trimestre à partir des taux effectifs moyens pratiqués sur des catégories comparables, puis les seuils sont publiés pour le trimestre suivant. Il s’agit d’un mécanisme de protection, pas d’un objectif tarifaire.
Pour le troisième trimestre 2026, applicable depuis le 1er juillet, la Banque de France fixe notamment le taux d’usure des crédits de trésorerie aux ménages à 8,56 % pour les prêts de plus de 6 000 €, 15,67 % entre plus de 3 000 € et 6 000 €, et 23,53 % jusqu’à 3 000 €. Côté immobilier, les plafonds sont de 4,07 % pour les prêts fixes de moins de 10 ans, 4,57 % de 10 à moins de 20 ans et 5,29 % à partir de 20 ans.
Ces seuils concernent le TAEG et non le seul taux nominal. La page officielle sur les taux d’usure du troisième trimestre 2026 rappelle que les frais, commissions et certains coûts nécessaires à l’obtention du crédit entrent dans le calcul du taux effectif selon les règles applicables.
Un dossier proche du plafond peut devenir difficile à financer lorsque l’assurance, une garantie ou des frais importants font monter le TAEG. C’est pourquoi un taux nominal apparemment acceptable peut ne pas suffire à rendre l’offre possible juridiquement. À l’inverse, être nettement sous le taux d’usure ne signifie pas automatiquement que l’offre est compétitive.
Pour un rachat de crédits à la consommation, le taux doit être lu avec la durée : une petite baisse de mensualité peut coûter cher si le remboursement s’allonge fortement
Un regroupement composé uniquement de crédits à la consommation reste généralement dans l’univers du crédit conso. Le nouveau prêteur solde plusieurs dettes et les remplace par un financement unique. Le taux proposé dépend du montant, de la durée, du profil et du niveau de risque. Les prêts personnels, crédits auto, réserves renouvelables et découverts repris peuvent avoir des taux historiques très différents.
Le gain ne se mesure pas en comparant simplement le nouveau taux au taux le plus élevé de vos anciens crédits. Il faut raisonner sur les capitaux restant dus, les durées restantes et les frais de remboursement anticipé éventuels. Regrouper un vieux prêt presque terminé peut parfois être peu pertinent s’il rallonge une dette qui aurait disparu rapidement.
Pour les crédits de trésorerie de plus de 6 000 €, le taux d’usure du troisième trimestre 2026 est de 8,56 %. Ce plafond fournit un cadre légal, mais le marché réel dépend du profil. Les dossiers les plus solides peuvent recevoir des conditions sensiblement inférieures au plafond, tandis que d’autres peuvent ne pas obtenir d’offre si le TAEG calculé dépasse la limite ou si la solvabilité est insuffisante.
Si votre opération concerne uniquement des dettes conso, notre guide du rachat de crédit à la consommation détaille les conditions, les pièces et les coûts à regarder au-delà du taux affiché.
Pour une analyse centrée uniquement sur les regroupements de prêts conso, consultez aussi notre guide du taux de rachat de crédit consommation : repères 2026, TAEG, taux d’usure et effet de la durée.
Dans un rachat immobilier ou mixte, le taux peut être plus bas que sur un regroupement conso, mais les garanties et la règle des 60 % changent la comparaison
Les opérations comprenant un crédit immobilier obéissent à une logique différente. En France, lorsque la part relative des crédits immobiliers dans un regroupement dépasse le seuil réglementaire de 60 %, le nouveau contrat relève du régime du crédit immobilier. Le calcul du seuil inclut les éléments prévus par la réglementation, pas seulement le capital nominal.
Cette qualification a des conséquences sur les documents, les délais, les garanties et la catégorie de taux d’usure applicable. Une opération garantie par une hypothèque ou une sûreté comparable sur un bien immobilier d’habitation relève en outre du régime immobilier quelle que soit son objet, conformément aux dispositions du Code de la consommation.
Un taux immobilier nominal plus faible peut sembler immédiatement préférable, mais il faut intégrer le coût de la garantie, une éventuelle mainlevée de l’ancienne hypothèque, l’assurance, les frais de dossier et les indemnités de remboursement anticipé. Sur une longue durée, quelques dixièmes de point comptent beaucoup ; sur un petit capital restant dû, les frais fixes peuvent au contraire absorber l’économie d’intérêts.
Pour approfondir ce cas, consultez notre guide du rachat de crédit immobilier et consommation, qui détaille la règle des 60 %, le montage et les coûts d’une opération mixte.
Un taux plus bas ne garantit pas une opération moins chère : la durée peut augmenter le coût total même si le pourcentage diminue
La durée est l’un des paramètres les plus puissants d’un rachat de crédit. Allonger le remboursement réduit généralement la mensualité parce que le capital est réparti sur davantage d’échéances. Mais vous payez des intérêts pendant plus longtemps. Il est donc possible d’obtenir un taux nominal inférieur à certains anciens crédits tout en augmentant le coût total de la dette.
Prenons un exemple volontairement simplifié. Si vous refinancez un capital sur sept ans plutôt que quatre, le taux peut paraître raisonnable et la mensualité devenir beaucoup plus confortable. Pourtant, les trois années supplémentaires génèrent des intérêts additionnels. Si des frais sont également financés, ils produisent eux-mêmes des intérêts sur toute la nouvelle durée.
La comparaison pertinente consiste à mesurer plusieurs scénarios : une durée courte avec mensualité plus élevée, une durée intermédiaire et une durée longue. Pour chacun, relevez le TAEG et le montant total dû. Vous verrez alors combien coûte réellement chaque tranche de confort budgétaire gagnée sur la mensualité.
Un bon rachat n’est pas nécessairement celui qui affiche la mensualité la plus basse. C’est celui dont l’équilibre entre mensualité, durée, coût, sécurité et capacité de remboursement correspond à votre situation. Si votre budget permet une durée plus courte sans tension, le coût total peut être significativement réduit.
La baisse de mensualité est un objectif budgétaire, pas une preuve d’économie : elle doit toujours être rapprochée du taux et du coût total
Les publicités de regroupement mettent souvent en avant une réduction de mensualité. C’est compréhensible : pour un ménage qui cumule plusieurs échéances, retrouver un reste à vivre plus confortable peut être l’objectif prioritaire. Mais une mensualité réduite ne dit rien, à elle seule, du prix de cette amélioration.
Une baisse peut provenir d’un meilleur taux, mais aussi d’un allongement de durée, d’un différé, d’un changement dans l’assurance ou d’une combinaison de plusieurs facteurs. Si vous ne regardez que l’échéance finale, vous risquez de croire que vous économisez alors que vous payez simplement moins chaque mois pendant plus longtemps.
Demandez donc toujours la comparaison avant/après : mensualités actuelles, durée restante estimée, coût restant des crédits repris, nouvelle mensualité, nouvelle durée, TAEG et montant total dû. Les opérations de regroupement doivent permettre d’apprécier le bilan économique selon les règles applicables.
La mensualité est un indicateur de soutenabilité. Le taux et le TAEG sont des indicateurs de prix. Le montant total dû est un indicateur de coût cumulé. Vous avez besoin des trois pour juger correctement une offre.
L’assurance, les frais de dossier et les commissions peuvent modifier fortement le TAEG sans changer le taux nominal affiché
Un rachat peut afficher un taux débiteur compétitif tout en supportant des coûts annexes importants. Les frais de dossier rémunèrent le traitement du financement. Un intermédiaire peut percevoir une commission. Une assurance peut être exigée pour obtenir le crédit ou certaines conditions. Dans les opérations immobilières, une garantie peut également être nécessaire.
La Banque de France rappelle, dans sa présentation du taux d’usure, que le TAEG inclut notamment les frais de dossier, les frais payés à des intermédiaires, les coûts d’assurance et de garanties obligatoires lorsqu’ils sont nécessaires à l’obtention du crédit ou aux conditions annoncées. C’est pourquoi le TAEG est le meilleur outil pour détecter une offre dont le taux nominal attractif est compensé par des coûts annexes élevés.
Regardez aussi comment les frais sont payés. S’ils sont ajoutés au capital refinancé, vous ne payez pas seulement le montant des frais : vous payez également des intérêts dessus pendant la durée du nouveau crédit. Cette mécanique peut être significative sur les opérations longues.
Avant d’accepter, demandez une ventilation claire : capital servant à rembourser les anciens créanciers, éventuelle trésorerie nouvelle, frais financés, assurance, garantie et montant effectivement versé. Plus la structure est lisible, plus la comparaison entre deux TAEG devient pertinente.
Pour isoler précisément les coûts qui font évoluer le TAEG, consultez aussi notre guide des frais de rachat de crédit, qui détaille dossier, courtage, IRA, garantie, mainlevée, assurance et frais financés.
Une garantie immobilière peut améliorer la sécurité du prêteur, mais son coût doit être comparé à l’économie de taux obtenue
Lorsqu’un rachat est garanti par une hypothèque ou une autre sûreté immobilière, le prêteur dispose d’une protection supplémentaire. Cette sécurité peut influencer le montage et la tarification, notamment pour des montants élevés ou des durées longues. Mais elle n’est jamais gratuite et elle engage le patrimoine donné en garantie.
Les coûts peuvent comprendre la constitution de la nouvelle garantie, des frais notariés selon le montage, une expertise du bien et éventuellement la mainlevée d’une hypothèque antérieure lorsque le prêteur change. Le nouveau taux doit donc être évalué après prise en compte de ces coûts. Une baisse de 0,3 ou 0,5 point peut être intéressante sur un capital important et une durée longue, mais insuffisante sur un petit encours restant.
La présence d’une sûreté immobilière peut aussi faire relever l’opération du régime du crédit immobilier. Cela modifie la catégorie de taux d’usure pertinente et certaines règles de l’offre. Ne comparez pas un taux hypothécaire à un taux de regroupement conso comme s’il s’agissait du même produit.
Le bon calcul consiste à estimer le gain d’intérêts sur la durée envisagée, puis à retrancher l’ensemble des coûts de changement. Si le gain net est faible, la simplicité du maintien de certains crédits en place peut parfois être préférable à un refinancement intégral.
Le taux du nouveau rachat doit compenser les coûts de sortie des anciens crédits, notamment les indemnités de remboursement anticipé lorsqu’elles s’appliquent
Le rachat fonctionne en remboursant par anticipation tout ou partie des crédits existants. Selon leur nature et leurs contrats, cette extinction peut générer des indemnités ou d’autres frais. Ces montants font partie du coût économique de l’opération, même s’ils n’apparaissent pas dans le taux nominal du nouveau financement.
Pour un crédit immobilier, les indemnités de remboursement anticipé sont encadrées par la loi et le contrat. Pour les crédits à la consommation, des règles spécifiques existent également selon le montant remboursé et les conditions. Le point important est de demander des décomptes fiables plutôt que d’estimer les soldes à partir du seul capital affiché sur une application bancaire.
Un nouveau taux inférieur peut perdre tout intérêt si le capital restant dû est faible ou si les coûts de sortie et de mise en place sont élevés. À l’inverse, sur un encours important avec beaucoup d’années restantes, un écart de taux plus petit peut produire une économie réelle.
Faites donc le calcul en euros, pas seulement en points de pourcentage. Le pourcentage mesure une tarification annuelle ; votre décision porte sur un coût total et un budget concret.
Le taux proposé reflète aussi la solvabilité : revenus, charges, historique bancaire et stabilité peuvent peser autant que le niveau général des taux
Deux ménages demandant le même montant sur la même durée peuvent recevoir des réponses différentes. Le prêteur évalue la capacité à rembourser et le risque du dossier. Il regarde les revenus, les charges, la composition du foyer, les crédits en cours, le comportement bancaire et la stabilité de la situation professionnelle ou patrimoniale.
Des relevés montrant un découvert permanent, des rejets ou une succession d’incidents peuvent dégrader l’analyse. Cela ne signifie pas qu’un mauvais relevé entraîne juridiquement un taux précis ou un refus automatique, mais ces éléments peuvent influencer la décision de crédit. À l’inverse, plusieurs mois de gestion stabilisée peuvent rendre le dossier plus lisible.
La restructuration elle-même doit aussi produire une mensualité compatible avec le budget. Un taux légèrement meilleur n’est pas utile si la durée retenue reste trop courte et maintient un niveau de charge insoutenable. Le prêteur arbitre entre risque, montant, durée et garanties.
Si votre priorité est de comprendre la lecture des mouvements bancaires, notre guide sur le rachat de crédit avec mauvais relevé de compte détaille les signaux généralement observés et la manière de préparer le dossier.
Taux fixe ou variable : pour un regroupement, la visibilité budgétaire compte autant que le taux de départ
Un taux fixe stabilise le taux débiteur sur la durée prévue par le contrat. Pour un ménage qui regroupe précisément ses dettes afin de retrouver une mensualité lisible, cette visibilité peut être un avantage important. Un taux variable peut démarrer différemment, mais il expose le coût futur à l’évolution de l’indice et aux modalités de révision prévues au contrat.
Dans les statistiques françaises récentes du crédit immobilier, la très grande majorité de la production est à taux fixe. Cela ne signifie pas qu’un rachat variable est impossible, mais que la comparaison doit tenir compte du risque de variation et non seulement du taux initial.
Si une offre variable vous est proposée, demandez le mécanisme exact : indice de référence, marge, fréquence de révision, cap éventuel, impact sur mensualité ou durée. Simulez un scénario défavorable. Une proposition légèrement moins chère aujourd’hui peut devenir plus coûteuse si les taux remontent.
Pour comparer un fixe et un variable, le TAEG initial est utile mais ne capture pas toute l’incertitude future d’un taux révisable. Le niveau de tolérance au risque du foyer et l’horizon de remboursement doivent donc entrer dans la décision.
Pour négocier un meilleur taux, comparez des offres réellement équivalentes : même montant refinancé, même durée et mêmes garanties
Comparer deux rachats exige de neutraliser les différences de structure. Une proposition à 4,8 % sur douze ans et une autre à 5,2 % sur huit ans ne sont pas directement comparables. La seconde peut avoir un coût total inférieur malgré un taux plus élevé parce que le capital est remboursé plus vite.
Demandez idéalement plusieurs simulations sur une même durée et un même montant. Vous pourrez alors comparer taux nominal, TAEG, assurance, frais, garantie et coût total sans que la durée brouille l’analyse. Ensuite seulement, testez une durée différente pour mesurer le prix de la baisse de mensualité.
Si vous passez par un courtier ou un intermédiaire, vérifiez aussi son mode de rémunération et la nature des établissements consultés. Une comparaison utile ne se résume pas au nombre de banques annoncées : elle dépend des offres réellement obtenues et de leur adéquation avec votre dossier.
N’hésitez pas à demander une explication lorsque le TAEG est nettement supérieur au taux nominal. L’écart peut provenir de frais légitimes, mais vous devez comprendre lesquels. Une offre claire est plus facile à négocier et à comparer.
Une simulation de taux devient utile lorsqu’elle montre l’effet conjoint du taux, de la durée et des frais sur le coût total
Une simulation trop simple qui demande seulement un capital et un taux donne une première estimation, mais elle ne reproduit pas nécessairement le coût réel d’un rachat. Pour être utile, elle doit intégrer au minimum le montant refinancé, la durée et, si possible, les frais financés. Pour une comparaison complète, il faut ensuite rapprocher le résultat du TAEG de l’offre réelle.
Testez plusieurs hypothèses plutôt qu’un seul « meilleur taux ». Par exemple, simulez un scénario à durée courte, un scénario intermédiaire et un scénario à mensualité cible. Pour chacun, calculez le coût cumulé. Vous verrez immédiatement si un gain de quelques dixièmes de point compense ou non plusieurs années supplémentaires.
Évitez également de considérer une simulation commerciale comme une acceptation. Le taux définitif dépend de l’étude du dossier, de la vérification des pièces et des conditions du prêteur au moment de l’offre. Une estimation en ligne sert à préparer une décision ; elle n’engage pas nécessairement l’établissement.
Utilisez donc la simulation pour définir une zone acceptable : mensualité maximale, durée maximale et coût total que vous êtes prêt à supporter. Cette approche vous donne des critères objectifs avant de recevoir les offres.
Refinancer à un taux inférieur peut être une mauvaise opération si les frais, la durée ou la trésorerie ajoutée augmentent trop le coût global
L’intuition pousse à croire qu’un crédit plus cher doit toujours être remplacé par un crédit moins cher. En réalité, le rachat comporte des coûts de transition et remet souvent le compteur de durée à zéro. Plus les anciens prêts sont avancés dans leur amortissement, moins il reste d’intérêts à économiser. Le potentiel de gain dépend donc du capital restant dû et du temps restant.
Une trésorerie supplémentaire peut aussi fausser la comparaison. Si le nouveau prêt refinance 40 000 € de dettes et ajoute 10 000 € de liquidité, il est normal que le montant total dû augmente. Il faut distinguer le coût de la restructuration du coût du nouveau besoin financé.
De même, un taux inférieur avec une assurance plus chère peut produire un TAEG proche ou supérieur à l’ancienne situation. Une garantie coûteuse peut absorber l’économie. Et une durée très longue peut améliorer la mensualité tout en augmentant fortement les intérêts cumulés.
Le bon test est simple : comparez le coût restant des dettes si vous ne faites rien avec le coût total du nouveau financement, en tenant compte de tous les frais et du besoin éventuel de trésorerie. Si le rachat sert surtout à réduire la mensualité, assumez cet objectif et mesurez explicitement le prix de cette respiration budgétaire.
Avant de retenir un taux de rachat de crédit, vérifiez ces points sur l’offre complète
Avant de signer, relisez la proposition comme un ensemble et non comme un taux isolé. Vérifiez la nature du financement — consommation, immobilier ou mixte — car elle détermine le cadre juridique et le taux d’usure pertinent. Confirmez ensuite le montant exact refinancé et la liste des crédits réellement soldés.
Contrôlez le taux nominal, le TAEG, la mensualité, la durée, le montant total dû et la présence éventuelle d’un taux variable. Demandez le détail de l’assurance, des frais de dossier, du courtage, de la garantie, des indemnités de remboursement anticipé et de toute trésorerie ajoutée. Si un coût est financé, rappelez-vous qu’il générera des intérêts.
Comparez au moins deux scénarios à durée équivalente. Puis testez une durée plus courte et une plus longue pour comprendre combien vous payez pour réduire la mensualité. Vérifiez enfin que le TAEG reste sous le taux d’usure applicable au moment où l’offre est émise ; ce plafond évolue chaque trimestre.
Un bon taux est donc un taux cohérent avec votre dossier et avec un coût total acceptable, pas nécessairement le pourcentage le plus bas aperçu dans une publicité. La décision finale doit s’appuyer sur l’offre contractuelle, votre budget et votre horizon de remboursement.
Un bon taux ne suffit pas à départager deux montages : notre guide pour comparer les meilleures offres de rachat conso ajoute le coût total, la durée, les frais et la solvabilité.



